Books of janvier 2018 : Arnaud Le Guilcher, Erwan Larher, Jason Shiga…

Books of 2018 janvier

Books of 2018 janvier

Cette année, je continue mon compte-rendu de lecture, mais cette fois mois à mois, toutes catégories confondues, et dans l’ordre de la lecture. Immenses coups de cœur du mois : Du tout au tout d’Arnaud Le Guilcher et Le Livre que je ne voulais pas écrire d’Erwan Larher. Mais aussi la BD Démon de Jason Shiga et Ready Player One d’Ernest Cline.

Greer Macallister, The Magician’s Lie (2017, 313 p.) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : Arden est l’illusionniste féminine la plus célèbre de son temps, renommée notamment pour son tour où elle scie un homme en deux. Une nuit à Waterloo, dans l’Iowa, alors que le policier Virgil Holt est dans le public, elle change sa scie pour une hache. Après la fin du spectacle, le mari d’Arden est retrouvé mort sous la scène, tué à coups de hache. La meurtrière semble toute trouvée. Mais quand Virgil trouve et arrête Arden, elle se met en tête de lui raconter son histoire – toute son histoire. À la fin de cette étrange nuit, Virgil devra décider s’il relâche Arden ou s’il la livre aux autorités.

Mon avis : Très prenant dès le départ, un autre roman dans la veine de ceux que j’ai aimés l’année dernière. Historique, un peu fantastique mais suffisamment ancré dans la réalité… On est agrippé par l’histoire d’Arden et on tremble avec elle jusqu’au dénouement final.

James Joyce, Dubliners (255 p.) ⭐️

Traduit et au format poche chez Pocket : Gens de Dublin

Le résumé : Jamais peut-être l’atmosphère d’une ville n’a été mieux rendue, et dans chacune de ces nouvelles, les personnes qui connaissent Dublin retrouveront une quantité d’impressions qu’elles croyaient avoir oubliées. Mais ce n’est pas la ville qui est le personnage principal. Chaque nouvelle est isolée ; c’est un portrait, ou un groupe, ce sont des individualités bien marquées que Joyce se plaît à faire vivre.

Mon avis : Chiant à mourir, je sais que c’est un classique, c’est d’ailleurs pour ça que je me suis lancée dedans, mais je me suis ennuyée comme jamais. Le Zola irlandais (et j’ai toujours détesté Zola).

Boris Quercia, Tant de chiens (Le Livre de Poche, 2017, 222 p.) ⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : Encore une mauvaise période pour Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili. Son partenaire Jiménez vient de mourir au cours d’une fusillade avec des narcotrafiquants. Pire, le défunt semble avoir été mêlé à des histoires sombres, et il avait les Affaires internes sur le dos. Par curiosité autant que par désœuvrement, Santiago commence à mener l’enquête, et retrouve une jeune femme qu’il connaît bien, Yesenia. Tous deux ont grandi dans le même quartier avant que leurs chemins se séparent. Entretemps, Yesenia a connu l’enfer : séquestrée et violée par son beau-père, elle ne vit plus que pour se venger. Au nom de leur amitié passée, elle va demander à Santiago d’abattre son bourreau.

Mon avis : Gagné à un concours du Livre de Poche, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. C’était très bien, figurez-vous. Un peu cru et glauque par moments, mais pas à un point dérangeant. Une tension nous prend dès le début et nous garde agrippés jusqu’à la fin, en apothéose.

James Joyce, A Portrait of the Artist as a Young Man (233 p.) ⭐️

Traduit et au format poche chez Folio classique : Portrait de l’artiste en jeune homme

Le résumé : C’est le premier succès achevé de Joyce, terminé vers 1914. Roman autobiographique, l’auteur y raconte son enfance et sa jeunesse à Dublin, son éducation chez les jésuites, ses révoltes contre ces mondes clos, sa libération par la vocation artistique (d’où le titre). Le style va du réalisme brutal à la plus grande poésie, de l’ironie à l’émotion. Joyce y donne avec clarté — ce sont les deux ouvrages ultérieurs, Ulysse et Finnegans Wake, qui passent pour obscurs — sa vision du réel et de l’imaginaire. Ce roman de formation, document capital sur Joyce, est aussi un grand livre.

Mon avis : Le Zola irlandais a encore frappé et je me suis encore ennuyée. Je suis sûre que c’est génial, et peut-être même que j’aurais dû essayer en français, mais je n’ai pas aimé du tout.

Erwan Larher, Le Livre que je ne voulais pas écrire (Quidam Éditeur, 2017, 268 p.) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : Je suis romancier. J’invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l’espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l’humain. Il m’est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi. Erwan Larher écrit à la main, ce qui lui laisse peu de temps pour faire autre chose de sa vie.

Mon avis : Comme beaucoup de blogueurs, j’ai envie de parler de ce « livre que je ne voulais pas lire ». Encore un livre de rescapé d’attentat, encore une enfoncée dans le misérabilisme ? Et non. Erwan Larher réussit avec brio son « objet littéraire », qui nous raconte depuis le début – son adolescence et le début de sa relation avec la musique – comment il en est arrivé, un soir, à se retrouver seul et sans téléphone au Bataclan, au mauvais moment. Puis, son rétablissement, long et douloureux, de l’hôpital à la maison de ses parents. Les amis, l’éditeur, qui voulaient ce livre qu’il ne voulait pas écrire. L’écriture, finalement, qui a précédé l’envie de publier. Ce livre qui est né, de bouts de vies – celle d’Erwan, mais aussi celles de ses proches, qui ont tous vécu cette nuit d’attente, sans savoir. Il y a bien sûr beaucoup d’émotions dans cet « objet ». Elle vient souvent des textes écrits par la famille et les amis de l’auteurs. Erwan Larher, lui, nous fait rire. Mais surtout il nous donne envie d’aimer. J’ai remarqué que beaucoup avait dit cela en refermant le livre – c’est que c’est vrai. On veut dire aux autres autour de nous qu’on les aime, on veut aimer la vie, on veut vivre. C’est un incroyable tour de force qu’a réalisé ici Erwan Larher. À lire absolument.

Neil Gaiman, Anansi Boys (255 p.) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Traduit et au format poche chez J’ai lu : Anansi Boys

Le résumé : Les romans très pince-sans-rire de cet Anglais surdoué, fils indigne et très rock & roll d’un Terry Pratchett avec lequel il devait signer un roman à l’aube des années 90 (De bons présages), ont souvent des allures de souk vertigineux. C’est le cas de cette éblouissante fable moderne et allumée, où les dieux et autres personnages mythiques tombent sur la tête des humains pour mieux les tourmenter. Réjouissant.

Mon avis : La suite très attendue d’American Gods, lu l’année dernière. J’y ai retrouvé cet univers très particulier, sombre et sinueux, mais très drôle également. Neil Gaiman est un génie, lisez-le (et je commence un peu à en avoir marre de le répéter).

Didier van Cauwelaert, Un aller simple (Le Livre de Poche, 1995, 128 p.) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : Aziz est né en France, de parents inconnus. Recueilli par les Tsiganes des quartiers nord de Marseille, il a grandi sous la nationalité marocaine, n’ayant pas les moyens de s’offrir un faux passeport français. Professionnellement, il s’est spécialisé dans les autoradios : il les vole et les revend. Sa vie bascule le jour où le gouvernement décide une grande opération médiatique de retour au pays. Voilà Aziz confié à un jeune et idéaliste «attaché humanitaire», chargé d’aller le «réinsérer dans ses racines», et qui lui demande où se trouve son lieu de naissance. Le doigt d’Aziz montre au hasard, sur la carte du Maroc, une zone vierge du Haut-Atlas. Et l’aventure commence… Un roman drôle et poignant, qui a obtenu le prix Goncourt en 1994.

Mon avis : Une relecture qui m’a causé beaucoup de plaisir. La plume de Didier van Cauwelaert ne vieillit pas, et son récit non plus. Toujours tellement d’actualité, et si drôle et doux.

Arnaud Le Guilcher, Du tout au tout (Robert Laffont, 2018, 320 p.) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : Pierre Pierre est un ultrasensible qui pleure à gros bouillons face à la beauté. Un jour de balade, il rencontre le fantasque fondateur d’une sorte d’arche de Noé remplie d’artistes. Pierre y est embauché, à la recherche d’une voix qui le ferait fondre… Au moment où il se cogne à la perle rare, sa boîte est rachetée par une multinationale. Très vite, les cadences s’accélèrent et à mesure que les conditions de travail se dégradent, l’arche devient galère.

Mon avis : Attention, il s’agit là d’un de mes nouveaux chouchous, depuis Ric-Rac. Une fois encore, on rit aux éclats dans cette satire du monde moderne du travail, déshumanisé à souhait. Pierre Pierre va devoir se sortir d’un parcours du combattant, jonché de burn-outs, de trahisons, de pertes d’espoir. Il va devoir atteindre le bout du tunnel, mais aussi apprendre à pardonner. Une belle leçon de vie que beaucoup de nous ont sûrement apprise à la dure (c’est mon cas, du moins). Là au moins on peut revivre ça de plus loin, en se marrant un bon coup.

Terry Pratchett, Le Huitième sortilège (255 p.) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : Octogénaire, borgne, chauve et édenté, Cohen le Barbare, le plus grand héros de tous les temps réussira-t-il à tirer Deuxfleurs et Rincevent des griffes de leurs poursuivants ? Question capitale, car le tissu même du temps et de l’espace est sur le point de passer dans l’essoreuse. Une étoile rouge menace de percuter le Disque-Monde et la survie de celui-ci est entre les mains du sorcier calamiteux : dans son esprit (très) brumeux se tapit en effet le… huitième sortilège ! La suite de l’épopée la plus démente de la Fantasy, avec, dans les seconds rôles, une distribution prestigieuse : le Bagage, l’In-Ocavo, Herrena la harpie, Kwartz le troll, Trymon l’enchanteur maléfique et, naturellement, la Mort…

Mon avis : Excellent deuxième tome de cette saga du Disque-monde, que je continue de découvrir à mon rythme (enfin il y a une quarantaine de livres, quand même, alors je vais essayer de passer à la vitesse supérieure, mais point trop n’en faut !).

Jason Shiga, Démon, volume 1 (2016) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Traduit par

Le résumé : Le premier volume (sur 4) du nouveau projet-fleuve du prodige américain de la BD. Mathématicien et père de famille banal, Jimmy Lee n’a jamais rien entrepris d’original dans sa vie avant de réserver une chambre dans un motel afin de s’y suicider. Il échoue, multiplie les tentatives, toujours sans succès. Ressort humoristique grinçant de la narration, cette répétition devient le moteur d’une folle histoire qui va faire de Jimmy et de ses réincarnations à différents moments de sa vie un des hommes les plus recherchés du pays. Où il est question de logique, de métaphysique, de destin et de religion.

Mon avis : Mis en avant par la même bibliothécaire qui m’avait convaincue de lire Le Port des marins perdus, cette BD a été plus qu’appréciée. J’ai ri et ai passé un excellent moment. Seul reproche : je l’ai lue en vingt minutes. Heureusement que je l’avais emprunté à la bibliothèque, donc. Tordu et bien ficelé, on en redemande.

Sabine de Greef, Qui dort ici (2013, 30 p.) ⭐️⭐️

Le résumé : Un lit tout doux pour un petit loup Qui se cache sous la couette moelleuse? Une oreille qui dépasse, un museau qui pointe et des pattes agrippées au drap fleuri. Va-t-on oser tourner les pages ? Oui, mais tout doucement car il ne faudrait pas réveiller le petit loup qui dort d’un sommeil agité.

Mon avis : Ouais. Pour les bébés, c’est sûrement top mais il y a une limite pour moi à ce que je peux ingérer en littérature enfants. Je crois que c’est soit des trucs de nourrissons (genre les livres qu’on doit imprimer avec des encres comestibles) soit des trucs de niveau primaire. Là j’ai vraiment pas accroché.

Colas Gutman & Marc Boutavant, Chien pourri à l’école (2014) ⭐️

Le résumé : Depuis sa naissance, Chien Pourri a avalé cent cinquante-sept saucisses avariées, bu trois litres et demi d’eau de Javel et a même failli s’empoisonner avec de la mort aux rats. Tout ça parce que dans sa poubelle, Chien Pourri ne sait pas lire les étiquettes ! Mais aujourd’hui, c’est fini : Chien Pourri va à l’école. À partir de 7 ans.

Mon avis : J’ai trouvé ca méchant et déprimant et je ne vois pas bien en quoi ça va donner envie aux enfants d’aller à l’école ou leur faire comprendre que de s’attaquer aux plus faibles c’est mal. Bref, c’est pourri.

Ernest Cline, Ready Player One (373 p.) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Traduit et au format poche chez Pocket : Player One

Le résumé : 2044. La Terre est à l’agonie. Comme la majeure partie de l’humanité, Wade, 17 ans, passe son temps dans l’OASIS – un univers virtuel où chacun peut vivre et être ce qui lui chante. Mais lorsque le fondateur de l’OASIS meurt sans héritier, une formidable chasse au trésor est lancée : celui qui découvrira les trois clefs cachées dans l’OASIS par son créateur remportera 250 milliards de dollars ! Multinationales et geeks s’affrontent alors dans une quête épique, dont l’avenir du monde est l’enjeu. Que le meilleur gagne…

Mon avis : Ouahouh. un peu peur de voir ce que ça donnera en film vu que la plupart de l’histoire se passe dans le jeu vidéo, mais le livre est fou. Conseillé par Stéphanie et je n’en ai pas regretté une seconde. On est directement happé dans le jeu et cette histoire démente et pourtant si plausible.

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