Books of 2017 #2 : la fiction française

Books of 2017 : littérature française

Books of 2017 : littérature française

Voici la première partie de mes revues de lectures de 2017, avec la fiction française. Un très bon cru grâce, notamment, aux découvertes du salon du Mans. J’ai découvert des auteurs français qui redonnent goût à la littérature française pas pompeuse (et pourtant élégante, puissante, belle…) comme Tom Graffin, Erwan Larher, Jennifer Murzeau, Léa Wiazemsky… On retrouve évidemment ici Jérôme Attal et on n’oublie pas Arnaud Le Guilcher qui n’est pas là mais dont vous allez entendre parler à la fin du mois dans les lectures de janvier 2018 !

 

Tom Graffin, Jukebox Motel (2016, 312p) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : 1967. Dans un bar de Los Angeles, Johnny Cash livre ses états d’âme à un inconnu. Le chanteur, pourtant au sommet de sa gloire, dit ne plus se reconnaître et rêver d’un endroit tranquille où il pourrait oublier « tout ce cirque ». 

En face, l’inconnu se nomme Thomas James Shaper, jeune peintre underground qui vient de faire fortune et voit dans sa rencontre avec Cash le signe qu’il attendait. 

Comme lui, il s’est éloigné de ses racines. Comme lui, il sent que le monde bascule dans un vaste cirque. Alors, autant se mettre immédiatement en quête de ce « diable d’endroit ». Peut-être pourra-t-il y retrouver lui aussi l’homme qu’il était ? 

Entre réalité et fantasme, entre le rêve et la chute, Tom Graffin signe un premier roman foisonnant et résolument moderne.

Mon avis : Une vraie révélation, d’ailleurs je vous en avais parlé là.

Jennifer Murzeau, La Désobéissante (2017, 264p) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : Paris, 2050. Bulle découvre, catastrophée, qu’elle est enceinte. Autour d’elle, le monde est un naufrage. Sous des dômes, les plus riches se calfeutrent, ignorant les misérables qui se débattent audehors, rendus inutiles par l’automatisation. Le chômage a atteint 70%, la violence envahit les rues. Les plus dociles gobent leur Exilnox, les yeux voilés par des implants connectés. Sur les holordis, les murs, partout, brillent les pubs et les flashs info anxiogènes. Alors un enfant, là-dedans. Pourtant le garder, c’est refuser de se résigner. Avec une poignée de hackers, Bulle choisit la lutte. C’est bien de notre époque dont il est question dans ce roman. Aussi acide et apocalyptique que lumineux et optimiste, il est une célébration du libre arbitre. 

Mon avis : Le troisième roman de Jennifer Murzeau est une très belle histoire de naissance(s). Anticipation flippante, étouffante, mais lucide et awakening. Hâte de découvrir ses deux autres romans !

Jérôme Attal, L’Appel de Portobello Road (2017, 159p) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : En pleine nuit, Ethan reçoit un appel téléphonique étrange. Au bout du fil, il reconnaît la voix de ses parents disparus depuis deux ans. Après avoir pris de ses nouvelles, sa mère raccroche sur ces mots : « Dis à ta soeur qu’on pense à elle tous les jours. » Le problème, c’est qu’Ethan est fils unique. C’est le début d’une folle aventure. Un secret de famille tombé du ciel. Un compositeur de chansons. Des nuits parisiennes et le vacarme de la solitude. Une décision à prendre. Une fille au bout de la route. Deux pom-pom girls originaires de Tchéquie. Une fête monstre sur la route de Mons. Une tarte au riz partagée avec le fantôme d’une star du rock. De la porcelaine anglaise. Comme est la vie. Fragile et robuste à la fois. Et une ode à l’amour au tournant de chaque page.

Mon avis : Une amusante et profonde réflexion sur ce qu’elle la famille — celle qu’on gagne à la loterie de la vie, ou celle qu’on se fait à mesure que ladite vie se déroule ? Celle qu’on garde à vie, ou celle qui est dans cette pièce, ici et maintenant ? (Oui, je viens de citer Torreto.) Avec ce nouveau roman on découvre une nouvelle et fascinante facette de Jérôme Attal, toujours dans son style si poétiquement particulier. D’ailleurs on en parlait là.

Erwan Larher, Marguerite n’aime pas ses fesses (2016, 216p) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : Marguerite a un mec mais pas de libido, une mère mais plus de père, et rêve d’une vie de famille. Lorsqu’on lui propose d’aider un ancien président de la République à rédiger ses mémoires, elle accepte – elle ne sait pas dire non. Alors, sa réalité et la réalité prennent leurs distances, peu aidées par l’irruption d’un flic qui enquête en secret sur les liens entre une trentaine d’assassinats politiques. 

Mon avis : Une histoire bien plus surprenante qu’elle n’en a l’air comme ça. Non, il ne s’agit pas que des fesses de Marguerite et oui, le suspense est réel. On alterne entre phases très claires et déjantées et moments plus flous et mystérieux. C’est super bien fichu, d’ailleurs je vous en avais parlé là.

Léa Wiazemsky, Le Vieux qui déjeunait seul (2015, 172p) ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : Tous les lundis à midi et demi, elle le voit s’installer à la table 10 et commander son bouf-carottes, derrière ses verres fumés. Qui est donc ce vieil homme pour lequel Clara, la serveuse, sent d’emblée une tendresse infinie ? Leurs deux solitudes, silencieuses et meurtries, se sont déjà reconnues. Elle, étouffée par une histoire qui la hante, lui, prisonnier d’un passé qui l’isole, s’échangeront les mots qu’il faut, les pardons qu’ils attendent, le plaisir de l’instant – une amitié pour la vie et le bonheur en héritage. 

Mon avis : Une très jolie et douce histoire. Le genre qui fait du bien, remonte le moral et donne envie d’aller faire un tour dehors pour découvrir les jolies choses de la vie. De faire le point et de pardonner, aussi.

Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Québert (2012, 863p) ⭐️⭐️⭐️⭐️

Le résumé : À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Mon avis : Je crois que c’est Bernard Pivot qui a dit que les 600 premières pages se lisaient d’une traite. C’est très vrai. Très prenant roman, même si la fin fait penser aux cafouillages qu’on trouve juste avant le dénouement d’un épisode de Castle. Un peu improbable mais le voyage en valait la peine et je vous en avais d’ailleurs parlé là.

Nadine Monfils, Elvis Cadillac, King from Charleroi (2016, 264p) ⭐️⭐️

Le résumé : Avec sa chienne Priscilla affublée d’une banane rose, Elvis sillonne les routes au volant de sa Cadillac ornée de cornes de vache pour aller donner des concerts. Abandonné à l’âge de 5 ans près des toilettes d’un restoroute, il a été recueilli par un couple d’épiciers fans de Georgette Plana, et est devenu Ze sosie officiel du King ! Invité à chanter pour l’anniversaire d’une vieille châtelaine, sur l’air de « Blue Moon », il va se retrouver au cour d’un crime bien étrange, avec en prime une panoplie de pétés du couvercle, dont le chat Houellebecq qui a des mycoses aux pattes. Yeah ! 

Mon avis : Un moment divertissant.

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